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Le SIBO ou déséquilibre de la flore intestinale

 

Le SIBO (encore appelé dysbiose intestinale, déséquilibre de la flore intestinale ou prolifération bactérienne intestinale) n’est pas une maladie mais un trouble du fonctionnement de l’intestin. Il est peu connu de la connu de la médecine conventionnelle et est très largement sous-diagnostiqué.

 

Ce trouble digestif résulte d’un excès de bactéries dans le petit intestin qui perturbe le microbiote intestinal. Ces bactéries sont naturellement présentes dans colon mais leur présence en grand nombre dans le petit intestin est anormale. Cette prolifération de bactéries crée une inflammation qui se manifeste par des troubles digestifs douloureux et inconfortables.

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Les personnes souffrant de dysbiose intestinale passent souvent toute une série d’examens médicaux (prises de sang, fibroscopie, coloscopie, scanner abdominal…) qui ne détectent rien d’anormal. Le problème est que ces examens ne permettent pas de diagnostiquer le SIBO. Seuls des tests spécifiques permettent de le diagnostiquer mais ils sont très rarement prescrits et très peu pratiqués en France.

 

Les symptômes

Les symptômes de la dysbiose intestinale sont proches de ceux du syndrome du côlon irritable. D’après une étude publiée dans le Journal Mondial de la Gastroentérologie, ces deux troubles du fonctionnement de l’intestin sont très fortement liés. Concrètement, les symptômes les plus courants sont :

  • Nausées et/ou vomissements
  • Brûlures d’estomac et/ou d’oesophage
  • Gaz et/ou ballonnements
  • Diarrhée et/ou constipation
  • Langue chargée (mauvaise haleine)
  • Carences, malnutrition, perte de poids
  • Fatigue
  • Dépression, anxiété
  • Douleurs articulaires
  • Eczema

 

Causes et facteurs de risques

Les causes de la dysbiose intestinale sont multiples et il est bien souvent difficile d’en trouver l’origine exacte. La prolifération bactérienne intestinale est un processus complexe qui résulte de plusieurs phénomènes :

1) Le manque d’acidité gastrique : c’est un facteur de risque pour développer un déséquilibre de la flore intestinale. En effet, l’acide produit par notre estomac a pour fonction de tuer les mauvaises bactéries. Lorsque l’on suit un traitement à base d’IPP (comme Inexium, Pantoprazole, Mopral…) ou lorsque l’on sécrète peu d’acide gastrique, les mauvaises bactéries peuvent passer dans les intestins et contribuer au développement de la dysbiose intestinale.

2) Une mauvaise motilité intestinale : la motilité intestinale est la vitesse à laquelle les aliments progressent dans les intestins. Lorsque les aliments ne progressent pas suffisamment vite dans les intestins, ils stagnent, fermentent et alimentent les mauvaises bactéries qui continuent à proliférer.

3) Suivre un traitement antibiotique : les antibiotiques détruisent la flore intestinale (bonnes et mauvaises bactéries). Si à la suite de ce traitement, vous avez un régime alimentaire riche en glucides et féculents, vous favorisez le développement des mauvaises bactéries qui se nourrissent du sucre des aliments. Une forte consommation d’alcool est aussi un facteur de risque pour la dysbiose intestinale en raison du sucre présent dans l’alcool.

4) Les maladies telles que la maladie coeliaque, le diabète de type 1 et 2, la cirrhose du foie, la pancréatite chronique ou l’insuffisance rénale sont également des facteurs de risque pour développer une dysbiose intestinale.

Comment diagnostiquer la prolifération bactérienne intestinale :

Le test à l’hydrogène expiré (breath test en anglais) est un test utilisé pour diagnostiquer la prolifération bactérienne de l’intestin. L’examen n’est pas douloureux ni invasif mais il est long et fastidieux. En effet, il consiste à ingérer à jeun une petite quantité de sucre (lactose, fructose…) diluée dans de l’eau. Puis, pendant 4 heures, il faut souffler dans un embout toutes les 20 à 30 minutes de façon à mesurer la quantité d’hydrogène contenu dans l’air expiré. Cet examen peut se faire dans certains hôpitaux ou chez un médecin équipé du matériel.

Ce test est aussi prescrit pour diagnostiquer une intolérance au lactose ou au fructose. Mais étant donné qu’il suffit de faire un régime d’exclusion du lactose ou du fructose pour déterminer s’il y a intolérance, les médecins préconisent généralement le régime d’exclusion plutôt que le test respiratoire qui a l’inconvénient d’être coûteux (entre 100 € et 150 € remboursés à hauteur de 50€ par la Sécurité Sociale). De plus, ces tests respiratoires seraient peu fiables, un certain nombre de patients ayant des résultats négatifs au test avec des symptômes pourtant sévères.

 

Comment traiter et soigner la dysbiose intestinale :

Il existe deux manières de traiter la dysbiose intestinale : une méthode chimique (antibiotiques prescrits sur ordonnance) ou une méthode naturelle à base d’herbes, d’épices et de plantes ayant des propriétés anti-bactériennes et anti-fongiques. Les plantes le plus souvent utilisées sont la berbérine, l’allicine, l’acide caprylique, la menthe poivrée ou encore le gingembre.

La méthode chimique consiste à suivre un traitement antibiotique à base de Rifaximine sur une durée de 10 à 14 jours. Les résultats ne sont en général pas très probants : en moyenne seuls 30 à 40% des patients parviennent à éradiquer le SIBO de cette manière. Les cas de rechute sont aussi fréquents aussi il est parfois nécessaire de renouveler le traitement plusieurs fois. Comme il a été expliqué précédemment, les traitements antibiotiques peuvent être à l’origine du SIBO aussi il peut sembler contre-productif d’utiliser des antibiotiques pour soigner le SIBO. Il faut préciser que le Rifaximine est un antibiotique qui est non-systémique ce qui signifie qu’il ne passe pas dans le sang et reste dans les intestins ce qui lui permet de tuer les bactéries.

La méthode naturelle à base d’herbes et de plantes a une efficacité au moins équivalente à celle des antibiotiques, voir légèrement supérieure d’après cette étude. En effet, 46% des patients ayant eu un test à l’hydrogène positif (attestant d’une prolifération bactérienne intestinale) ont réussi à obtenir un test négatif après 4 semaines de traitement à base d’herbes et de plantes contrairement à seulement 34% des patients ayant eu un test positif à l’hydrogène et ayant suivi le traitement à base de Rifaximine.

En plus de suivre un traitement (antibiotique ou naturel), il est également fortement recommandé de suivre un régime alimentaire spécifique. L’idée est d’éviter de nourrir les mauvaises bactéries avec des aliments riches en glucides (donc tous les aliments sucrés mais aussi tous les féculents) afin de les affamer. Il est aussi recommandé d’éviter les aliments qui ont tendance à irriter les intestins et de suivre en plus un régime pauvre en FODMAPS. Ce régime alimentaire anti-SIBO doit être suivi souvent sur plusieurs mois afin d’éviter une rechute et une réapparition du SIBO.

Concernant les probiotiques, il est fortement conseillé d’éviter d’en prendre lors de la phase d’attaque du traitement de la dysbiose intestinale afin d’éviter l’ajout de nouvelles bactéries même « bonnes » dans l’intestin. Lorsque le traitement d’attaque est terminé et que les symptômes ont disparu, il peut être bénéfique de prendre des probiotiques.

Le traitement de la dysbiose intestinale est donc possible mais assez fastidieux et long. Il faut compter 1 mois de traitement à base de plantes et d’herbes associé à un régime pour traiter cet état. Des améliorations des symptômes se font sentir au bout de 10-15 jours de traitement.

 

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